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L’examen des indicateurs de santé montre qu’aujourd’hui la Polynésie française occupe en Océanie le 3 ème rang en terme de niveau sanitaire, juste après l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Mais pour demain, l’avenir est préoccupant du fait de l’augmentation inévitable des besoins de soins résultant d’une part du vieillissement général de la population et d’autre part du taux anormalement élevé chez nous des facteurs de risque (obésité, diabète, tabagisme, sédentarité) avec leur cohorte de pathologies graves et complexes, et qui sont d’autant plus coûteuses qu’elles toucheront des personnes relativement jeunes qui seront soignées sur des périodes longues de 20 à 30 ans, voire plus. Avec des perspectives aussi préoccupantes, la mise en œuvre de politiques de prévention est une absolue nécessité mais leurs effets positifs ne seront visibles que dans plusieurs dizaines d’années. D’ici là, il est donc impératif de poursuivre le développement de notre système de soins. Malheureusement, la pénurie mondiale de professionnels de santé, cumulée à de réels problèmes locaux d’ordre administratif, va rendre très problématique dans le futur le recrutement de praticiens de santé, d’autant plus que la densité médicale en Polynésie française (175 médecins pour 100.000 habitants en 2004), est déjà la moitié de celle des pays occidentaux (France : 330 ; Allemagne : 361 ; Belgique : 418). Dans ces conditions, à moins de renoncer à conserver l’excellent niveau sanitaire qui est dû à l’ensemble de nos concitoyens, le recrutement (de spécialistes hospitaliers notamment) passera nécessairement par une revalorisation du statut de praticiens hospitaliers pour répondre aux conditions du marché. Ce n’est que comme cela que la Polynésie française pourra s’assurer un recrutement durable et de qualité pour le plus grand bénéfice de la population. Bien des pays occidentaux l’ont déjà compris, et par exemple en métropole, le gouvernement central à prévu d’investir quelques 800 millions d’euros (96 milliards de CFP) sur 10 ans. Dès lors, le SPHPF propose une série de mesures qui vont toutes dans le même sens : revalorisation de la grille indiciaire, réduction du temps de travail à 48h, reconnaissance de la permanence des soins sur place, instauration d’une retraite décente et d’un compte épargne temps, formation médicale continue et évaluation des pratiques professionnelles, etc. Dans un tel contexte mondial de désertification médicale annoncée (que l’instauration d’une première année de médecine à Tahiti ne règlera pas), le but poursuivi par notre syndicat est bel et bien de pérenniser des recrutements de qualité pour le maintien d’une offre de soins spécialisée de haut niveau.
Dr Lionel BESSOUT |
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